Pressions liées à la santé mentale sur le lieu de travail : obligations des employeurs

La règle DGUV 115-401 accorde une plus grande importance au stress psychologique. Quelles sont les obligations des employeurs et comment les entreprises peuvent-elles mettre en place des mesures préventives ?

Article technique

Les problèmes de santé mentale relèvent de la santé et de la sécurité au travail

Les problèmes de santé mentale au travail ne constituent ni un sujet marginal ni un problème purement individuel touchant uniquement certains salariés. Ils découlent souvent de la manière dont le travail est organisé, réparti, communiqué et géré. Les statistiques actuelles sur l’absentéisme montrent également qu’il s’agit d’un enjeu important pour l’ensemble des entreprises : selon le rapport DAK Psychreport 2025, les troubles de santé mentale ont représenté 342 jours d’absentéisme pour 100 salariés en 2024. Parmi les quelque 15 millions d’affiliés actifs de l’AOK , 12,5 % de l’ensemble des absences enregistrées la même année étaient dues à des troubles de santé mentale ; selon l’AOK, ces absences ont duré en moyenne 28,5 jours par cas.

Parmi les facteurs de stress typiques au bureau, on peut citer, par exemple, une forte pression temporelle, des interruptions fréquentes, des responsabilités mal définies, des exigences contradictoires, un manque de soutien ou une charge de travail constamment élevée. Cela montre clairement que le stress psychologique n’est pas seulement un problème de santé individuel, mais aussi un facteur clé pour la capacité de travail, la productivité et la prévention en milieu professionnel.

Il est important de noter que le stress psychologique doit dans un premier temps être considéré de manière neutre. Tout défi ne représente pas automatiquement un risque pour la santé. Des tâches exigeantes, des responsabilités ou des périodes de concentration intense peuvent également avoir un effet motivant. La situation devient critique lorsque le stress est systématiquement trop intense, difficile à gérer ou insuffisamment compensé par des ressources telles que la marge de manœuvre, le soutien social et le repos. C’est pourquoi le stress psychologique doit être pris en compte dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail au même titre que les risques physiques, techniques ou chimiques – un point également souligné par l’Institut fédéral pour la sécurité et la santé au travail.

Que signifie la règle DGUV 115-401 pour les postes de travail de bureau ?

La règle DGUV 115-401 s'adresse aux organisations disposant de postes de travail de bureau et informatiques. Selon la DGUV, les postes de travail de bureau ne se limitent plus depuis longtemps aux organisations administratives traditionnelles ; on les retrouve désormais dans presque tous les secteurs, environ la moitié des salariés travaillant dans un bureau.

Pour les employeurs, cette réglementation revêt une importance particulière car elle fournit des conseils pratiques sur la mise en œuvre de mesures de santé et de sécurité. Elle précise clairement qu’un bon travail de bureau ne repose pas uniquement sur un équipement adapté, mais également sur des conditions de travail appropriées. Celles-ci comprennent, entre autres, une organisation efficace du travail, des processus clairs, des flux d’information adaptés et un encadrement favorisant la bonne santé.

Quelles sont les obligations des employeurs ?

La prise en compte du stress psychologique n’est pas une option facultative pour les employeurs. La loi sur la santé et la sécurité au travail impose aux employeurs d’évaluer les risques pour la santé et la sécurité de leurs salariés. Depuis 2013, le stress psychologique est explicitement pris en compte dans l’évaluation des risques.

Cela signifie que les entreprises doivent déterminer si, et sous quelle forme, des facteurs de stress psychologique apparaissent au travail. Il ne s’agit pas d’évaluer psychologiquement chaque salarié ni d’établir des diagnostics personnels. L’accent est mis sur les conditions de travail.

Voici quelques questions typiques pouvant être posées dans le cadre de l’évaluation des risques :

Des mesures appropriées doivent être élaborées à partir des résultats, mises en œuvre et évaluées quant à leur efficacité. C’est précisément là que réside une responsabilité essentielle des organisations : les problèmes de santé mentale ne doivent pas seulement être identifiés, mais aussi traités activement.

Pourquoi le stress psychologique au travail pourrait être en hausse

Le travail de bureau moderne se caractérise souvent par un volume important d’informations, la gestion simultanée de plusieurs tâches et la nécessité d’être disponible en permanence. Les vidéoconférences, les messages instantanés, les e-mails, les outils de gestion de projet et la collaboration hybride facilitent bien des choses, mais peuvent également entraîner des interruptions constantes et une surcharge mentale.

À cela s’ajoutent de nouvelles formes de travail, telles que le télétravail ou le travail à domicile. Celles-ci offrent une certaine flexibilité, mais imposent également de nouvelles exigences en matière d’auto-organisation, de leadership et de communication au sein de l’équipe. Lorsque les frontières entre travail et loisirs s’estompent, il peut être plus difficile de se détendre. En l’absence de coordination informelle, des malentendus peuvent surgir plus rapidement. Et si le leadership à distance n’est pas activement géré, les employés peuvent se sentir livrés à eux-mêmes.

La règle 115-401 de la DGUV répond à ces évolutions en ne considérant pas le travail de bureau de manière isolée comme un simple enjeu lié au lieu de travail, mais en prenant davantage en compte l’organisation du travail dans son ensemble. Pour les entreprises, cela représente une opportunité d’adopter une approche plus moderne et plus globale de la santé et de la sécurité au travail.

La prévention commence par l'organisation du travail

Une prévention efficace ne doit pas attendre que les salariés soient déjà surchargés. Les employeurs doivent identifier les problèmes de santé mentale à un stade précoce et organiser les conditions de travail de manière à réduire les risques liés au stress et à renforcer les ressources.

Cela passe notamment par des priorités claires, une gestion réaliste du temps, une communication transparente et une culture d’entreprise permettant d’aborder ouvertement le sujet du stress. Des réunions d’équipe régulières, des temps de repos bien définis, des périodes de travail avec un minimum de perturbations et des règles claires en matière de communication numérique peuvent également y contribuer. Les responsables jouent un rôle clé à cet égard : ils influencent la manière dont le travail est réparti, dont les attentes sont communiquées et dont le stress est identifié au sein de l’équipe.

La formation du personnel constitue un autre élément essentiel. Les salariés peuvent ainsi apprendre à reconnaître plus efficacement les signes avant-coureurs du stress, à renforcer leurs ressources personnelles et à intégrer des techniques de relaxation dans leur quotidien. Cela ne remplace pas l’obligation de l’employeur d’assurer une bonne organisation du travail, mais cela la complète efficacement.

L'apprentissage en ligne, un élément clé de la prévention

Les formations en ligne peuvent aider les organisations à aborder de manière systématique les questions de santé mentale sur le lieu de travail. Elles favorisent une compréhension commune, sensibilisent aux facteurs de stress courants et proposent des stratégies pratiques pour la vie professionnelle au quotidien.

Dans le cadre d’une stratégie de prévention, les formations en ligne peuvent aider les salariés à mieux comprendre les mécanismes du stress, à identifier leurs propres seuils de stress et à acquérir des techniques de relaxation et d’autorégulation. Ainsi, les formations en ligne complètent utilement les mesures prises par l’entreprise et rendent la prévention facilement accessible au quotidien.

Conclusion : la santé mentale doit être au cœur du travail de bureau moderne

La règle 115-401 de la DGUV précise clairement qu’un environnement de travail sain ne se limite pas à un mobilier ergonomique et à des équipements techniques. Le stress psychologique au bureau est un aspect essentiel de la santé et de la sécurité au travail et doit être pris en compte dans l’évaluation des risques.

Pour les employeurs, cela signifie qu’ils doivent régulièrement examiner les conditions de travail, prendre le stress au sérieux et mettre en place des mesures appropriées. Ceux qui s’engagent de manière proactive en faveur de la santé mentale respectent non seulement les exigences légales, mais investissent également dans la motivation, la performance et la fidélisation à long terme de leurs salariés.

Dans un monde du travail caractérisé par la numérisation, les équipes hybrides et des changements rapides, une approche globale de la santé et de la sécurité revêt une importance croissante. Les entreprises qui s’attaquent activement au stress psychologique posent les bases d’un travail de bureau sain, productif et durable.

Vers l'aperçu des ressources

Nous avons éveillé votre intérêt ?

Demandez à être rappelé dès maintenant - nous vous contacterons dans les plus brefs délais.
Bien entendu, vous pouvez aussi spécifier vos besoins avant de nous contacter !

Bien entendu, vous pouvez aussi nous appeler directement :
+49 211 598810-0